Ami(e), songe à te frayer en toi-même un chemin jusqu’à la source silencieuse d’où s’élève la Lumière qui rend toutes choses simples.
La Paix. Une médaille arborée sur un plastron de courage. Le Courage est la vertu de celui qui écoute la voix du Cœur, sans vaciller devant l’audace de la Vérité. L’Homme est un OM : le parfait alliage d’éléments et de qualités qu’il doit purifier, polir, sublimer. Du charbon au diamant. Du diamant à la Liberté Ultime, impalpable et inodore. Lève les yeux et regarde la Pureté. Le Ciel n’est ni pur ni impur. Le Ciel représente l’espace qui se dégage lorsqu’on regarde hors de la forme.
Réveille-toi, ami(e), pose une tendre main sur ton cœur endormi. Promène-le dans les vastes champs de Lumière et laisse-le respirer. Que l’Amour est grand là où l’intellect meurt ! Cette cage faite de pensées, tu n’y as jamais séjourné. Tu es l’Espace même où elle apparaît et disparaît, aussitôt oubliée sa désignation.
Et si tu te réveilles tard, ne t’en fais pas. L’Amour et la Sagesse n’ont pas de couvre-feu. Aucun souffle ne peut éteindre le feu de Pureté que tu es.
Au début de ton chemin, dans la tendresse de l’aube, tu chercheras à comprendre tout ce qui est arrivé dans ce corps, dans cette vie. Tu trouveras du sens sans trouver la paix. Et ce sens pointera vers une nouvelle direction.
Sous le Soleil à son Zénith, tu chercheras la mue. Tu déposeras les armures que tu as posées sur ton cœur pour marcher dans le feu, pour errer dans la Dualité, pour oublier l’intime.
Le vent du soir se lèvera et tu voudras oublier ton propre nom et les histoires, les rôles et les frictions accrochés à tes poignets. Comme on défait un nœud, tu chercheras les deux extrémités du fil. D’un côté, le moi, de l’autre son absence d’existence intrinsèque.
Les étoiles seront levées, la Lune avec elles. Tes yeux de cristal se lèveront à nouveau vers le Ciel. Non pas pour supplier le soir, mais pour voir les yeux fermés. Tu verras dans le noir le Visage de la Sagesse. Tu sentiras dans le vide la Présence de l’Amour. Tu entendras dans le Silence l’écho de la Pureté.
La Mue. Dépose ton manteau. Vide le coffre des croyances, des illusions, des étiquettes, des aversions, des attachements. Ivre de félicité, sépare-toi de tout ce que tu as attaché à tes propres poignets. Existe sans le Verbe. Tombe sans main pour t’agripper.
Ah la Paix ! Ah la Pureté ! Les amies intimes auxquelles s’éveille le cœur fatigué de ses errances. Trouve le pays dont nul n’a jamais parlé pour en abîmer les contours. Trouve le point de contact entre l’évidence du Soleil et les secrets de la Lune. Écoute le chant, l’alchimie, le voyage sans mouvement.
Hier, tu étais quelqu’un, avec ses battements à n’en plus finir. Hier, tu disais « j’ai mal ». Aujourd’hui, la coquille est creuse. Qu’il est beau de désapprendre pour ouvrir la cage à l’Oiseau. Qu’il est doux de défaire les nœuds qui se sont noués autour de nos cœurs assoiffés.
Danse avec toi-même dans le vent du soir. Danse sans corps, danse sans ami. Danse et laisse tourner le vide jusqu’à être le Centre de toute chose. Ce que tu nies et combats s’imprime sur ta peau. Ce que tu embrasses te transforme et éthérise la densité.
Le paradoxe est que tu t’enrichiras par le dépouillement. Si ça fait mal, regarde l’histoire que tu ajoutes sur le déploiement gracieux de la Vie. Si cela semble insuffisant, observe l’attachement et l’aversion qui s’emparent de toi. Si tu te vois petit, absente-toi de l’Antichambre. Si tu te vois grand, sache que tu ne seras jamais assez grand pour cacher le Soleil. Si tu trouves que le monde manque d’Amour, fais de ta chair, de tes mots, gestes et pensées un pays de Lumière.
N’attends pas de te remplir de l’extérieur vers l’intérieur. Tu es la Lampe qui crée toute chose. Et l’Amour se trouve dans l’Œil du spectateur.
Le voyage est ainsi. Croire à l’histoire et vouloir tout en comprendre. Puis, lâcher les armes et rouvrir le cœur qui s’était barricadé. Enfin, offrir l’histoire, les armes et le Cœur à la Vérité qui soutient et transcende toute chose. Le Cœur comprend ce que la tête n’attrapera jamais. Tu es plus que ce que tu vois. Et tu te rapproches de la Vérité lorsque tu ne sais pas.
Dans l’éclat du soir, trouve en toi les enfants endormis qui ne voyaient plus la Pureté. Embrasse leurs paupières closes et dépose-y du Miel. C’est l’Amour qui guérit, ouvre les portes et donne la réplique à l’Éternité.
On guérit avec Amour. On naît de l’Amour et on retourne à lui. Sans tendresse, il n’y a pas de vie. Laisse sur l’étagère ton cerveau affamé. Jette au feu l’idée qu’il faille savoir pour être libre. Tout commence par ne rien savoir. Pose ton manteau de certitudes et éveille-toi comme un enfant aux yeux écarquillés. Curieux de s’unir à l’Amour qui crée, transforme et reprend tout.
Sans tendresse, la Source est tarie. Inclus tout. Inclus dans l’Amour que tu es ton manteau de chair, le bruit et le Silence, le plein et le vide, la souffrance et la Paix. Tous les potentiels. Dans ces pots-en-ciel, dépose le vœu secret de croquer le fruit du Bonheur Ultime. Vois comme tout conspire à te faire oublier la substance de la limite. Vois comme chaque mur, détour et passage abrupt épuise en toi l’espoir comme la crainte. Repose immobile, écoute le Creux du Silence. Pense à l’éclat qui traverse l’Éternité pour s’apprendre lui-même. Tendre est la cascade de Lumière que je vois dans tes pupilles dorées. Comme tu es Libre et intact, toi le Cristal suspendu sur le Toit des Mondes.
Je pourrais dire tes 1001 noms, et ne jamais trouver le Chemin jusqu’à toi. Car toi et moi sommes Un, et le Chemin n’est qu’un trait tracé sur un miroir à jamais immaculé.

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