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La Citadelle de Lumière

À quoi rêves-tu quand tout le monde dort ?
Je rêve au Ciel et ses promesses.
Et que promet le Ciel, l’Essence même de ce que tu es ?
Rien d’autre que l’instant présent, son ineffable écrin.
Après les vents d’hier, les rêves de demain, il n’y a qu’une promesse qui puisse être tenue.
Ose dire ta Vérité même si ta voix tremble.
Ose vivre ta Vérité même si ton cœur tremble.
La seule trace de ton passage dans le rêve porte le nom sacré d’Amour.

L’audace de notre Vie tient à ce que nous faisons des fêlures dans nos cœurs.
Il y a ceux qui s’embrasent, dévorés par le vide, le grondement d’une colère, ne voyant plus l’Amour et ses quelques débris.
Il y a ceux qui résistent, abreuvant patiemment la fêlure d’une Lumière qui n’est pas de ce monde.

Je regarde les étoiles, pour mieux me souvenir de ce que nous sommes lorsque le bruit se tait.
Nous traçons des traits d’un index assuré pour relier les étoiles, et leur donner des noms. Alors qu’elles sont libres, de nos noms, de nos rêves, de nos vœux, nos reproches murmurés.

Libres, tout comme la Vie, qu’on essaie de saisir dans nos mains désireuses de danser sans entracte avec l’éternité. C’est notre paradoxe, notre quête aveugle. Retenir ce qui, par nature, s’en va déjà ce soir. Maintenir pour toujours un rêve, un sentiment. Ne rien perdre, tout gagner à la fois. Être humbles et les plus forts. Pour cacher les tisons d’une colère affolée, et maintenir les masques pour se croire exister.

Seul un être nu, dépouillé de mensonges, accède à l’éternel goût de la Vérité.
Ici haut, nul n’est exempt de chaos et de drame. Il relève d’un cœur de lion de faire preuve de courage. De modeler l’obscur en œuvre de lumière. De déposer au Ciel une étoile nouvelle.

À quoi rêve-t-on, lorsque tout le monde dort ?
Je rêve de voir le monde délivré des souffrances. Pour ne plus avoir à rire et pleurer à la fois.
Je rêve que le plafond est une feuille de verre. Pour enfin m’endormir sous le ciel étoilé.
Je rêve qu’hier ne remue plus nos cœurs fatigués. Et que le Soleil embrase enfin l’humanité. Qui peut résister à la clarté déconcertante de la Vérité reconnue, louée dans un silence ?

On peut tricher, mentir, s’inventer des histoires, revisiter le rêve en se croyant sauvé.
On peut aussi lâcher, tomber là, à genoux devant ce qui en nous se passe de mensonges.
Nous avons tous en nous une Vérité crue, nue et étourdissante. Qui brûle nos certitudes et nous rend à la Vie. Elle retire les masques comme on se déshabille et nous délivre enfin de ce qui semblait sûr.

Rien ne nous appartient. Sauf aimer à en vivre.
Pleurer d’être à la fois l’œil qui regarde le Ciel et les étoiles dansantes.
S’endormir contre le sein de la Mère sans visage. Qu’on appelle Conscience Pure, Amour, ou Liberté.
Se laisser enfin aller à ne plus connaître, comme un enfant lancé dans un champ de lumière.

Qui sommes-nous alors quand plus rien ne regarde, ne juge ou n’obtempère ?
Dans le Silence de nos cœurs, bien plus qu’un battement, il y a le jour et la nuit qui enfantent l’éternel. Au creux de nos plastrons, il y a une citadelle de lumière et de rêves, aux remparts éphémères.

Vivre, c’est oser entendre. Tout laisser se dissoudre. Pour que la seule étoile, l’unique lueur nocturne, soit l’intarissable soif d’aimer sans s’attarder. Comme une aube furtive, notre vie passe, comme une flamme déposée en proie aux quatre vents. Qui sait ce qui advient quand partent le regard, le corps, les sentiments ?

Je sais, sans même le voir, qu’il demeure la beauté, pure et déconcertante, d’avoir choisi d’aimer.

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